Liverpool - OM / 2007
OM Vidéo : UEFA Champions League, Liverpool FC - Olympique de Marseille.
- La sieste est terminée, par Thierry Muratelle, La Provence.
La scène se passe à l’Hôtel Marriott, dans la nuit de mercredi à jeudi, sur les coups de 1h du matin. Un homme, maillot de Liverpool sur le dos, entre dans l’ascenseur avec son fils. « L’OM est la plus belle équipe que j’ai vue à Anfield depuis plusieurs mois. Nous avons reçu une véritable leçon », lâche-t-il, tout en tenant son fils, les yeux encore remplis de tristesse. Jusqu’à quel degré de satisfaction faut-il accepter cet éloge ?
A l’heure de l’un des deux plus beaux exploits de l’histoire du club en coupe d’Europe, il y a lieu de garder la tête froide. A ne pas mélanger les genres non plus. Pour préparer ce déplacement, il n’y a pas eu de révolution, ni de camp retranché, afin de mener une opération commando comme on a pu l’entendre ici et là . Il y a eu la volonté de trouver une nouvelle méthode, de nouveaux mots. Prendre un peu de recul pour envisager demain autrement. Éric Gerets a simplement souhaité travailler dans le calme le plus total pour découvrir son groupe, dont on comprendra samedi à Geoffroy-Guichard, s’il est parvenu à le réveiller. Il a apporté des corrections et annonce aussi avec un brin de malice : « Je fais jouer les gars qui montrent le plus de capacité. Depuis que je suis arrivé, le petit (il appelle Mathieu Valbuena essentiellement avec ce qualificatif, non par dérision, mais par affection) était de partout. J’étais obligé de le mettre. »
En l’absence de Nasri, le repositionnement de Valbuena est l’une des clés de la réussite de l’OM. Cette métamorphose s’évalue à deux niveaux : sur un point collectif, sur un plan individuel. L’arrivée d’un nouveau technicien génère nécessairement une prise de conscience. La première sortie souligne, en principe, les grandes lignes avec une application des joueurs pour tenter de séduire leur nouveau boss. L’OM est allé bien au-delà à Anfield. Le comportement des joueurs, dont certains ont vraisemblablement eu le temps de se regarder dans une glace, a été irréprochable. Soudainement. Ce revirement d’attitude témoigne que des joueurs n’ont pas été très clairs avec Albert Emon ; quelques coups de gueule bien sentis ont d’ailleurs été nécessaires pour expliquer les nouveaux principes auxquels chacun devra se plier.
L’OM a avancé, défendu en faisant un : « Plus que la tactique, c’est la discipline tactique qui m’importe, rappelle Gerets. Quand on prend un groupe qui se trouve dans une impasse avec une baisse de confiance, il convient de discuter, d’argumenter, mais surtout de les convaincre du bienfait du respect des consignes. » Un joueur ne le cache pas : « Depuis qu’il est là , ça ne rigole pas, on sent vraiment qu’il sera intransigeant. Il a envie d’être entendu le plus vite possible. » Ce visage inattendu met en lumière une unité. Les individualités sont au service du groupe, rappelant ainsi une définition de base : le football est un sport collectif. Les joueurs ont entre leur main le destin d’un technicien, dont la cote d’amour fluctue en fonction des humeurs et de l’implication des individualités. Reste à observer la suite des événements.
Une attente pour laquelle Gerets navigue aussi dans le flou : « Il m’est impossible d’avoir un avis précis après un seul match, admet le Lion de Rekem. J’ai entendu que cette équipe est capable d’être très mauvaise après avoir sorti un bon match. Poursuivre sur cette lignée serait catastrophique. Moi, je ne le supporterais pas. Les joueurs doivent montrer ce qu’ils sont capables d’accomplir sur le long terme. La Ligue1 n’autorise pas de dormir pendant un mois. » Demain, chacun appréciera si la sieste du début de saison est terminée.
- par Thierry Muratelle, La Provence
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