OM - Newcastle / 2004
Résumé de la demi-finale de la Coupe UEFA : Olympique de Marseille - Newcastle (2-0).
Interviews de José Anigo, Didier Drogba, Camel Meriem, Abdoulaye Meité et Habib Beye.
- L’OM est en finale de la coupe de l’UEFA, par Philippe Jérôme, l’Humanité.
Un nouvel exploit de Didier Drogba, auteur des deux buts de la victoire contre Newcastle a propulsé l’OM en finale de la Coupe de l’UEFA. Plein comme jamais depuis le début de la saison, le Stade-Vélodrome a longuement ovationné Didier Drogba et José Anigo, jeudi soir, lorsqu’à deux minutes de la fin du match le buteur et l’entraîneur sont tombés dans les bras l’un de l’autre, la qualification de l’OM assurée pour la finale de la Coupe de l’UEFA. « La pelouse tremblait sous nos pieds », confiera dans la salle de presse ce coach « fier d’être marseillais » qui avoue vivre comme dans un rêve. Pourtant le « tifo » d’enfer préparé par les supporters pour le paradis de l’UEFA était bien réel, même si la Coupe d’Europe, stylisée sur un immense calicot, paraissait fantasmagorique.
En attaquant durant la première mi-temps les olympiens pouvaient lire sur une banderole déployée par les Ultras sur toute la largeur du terrain : « Prochain rendez-vous 19 mai Nya Ullevi Stadion ! » Et de fait cette promesse de voyage à Göteborg s’est concrétisée peu après le premier quart d’heure de jeu par un but de Drogba qui a, au propre comme au figuré, enflammé le stade. L’arbitre a du d’ailleurs interrompre le jeu, le temps que la tension retombe dans les tribunes et surtout que les pompiers interviennent dans une fosse pour éteindre un feu de papiers spectaculaire mais beaucoup moins dangereux potentiellement qu’un Shearer face à un Barthez tout de rouge vêtu pour la circonstance. Le présumé buteur anglais a, en réalité, été mis sous l’éteignoir par Beye, impitoyable de bout en bout, avant de s’éteindre de lui-même en seconde mi-temps.
Durant cette période les Marseillais pouvaient lire en haut de la tribune des Yankees : « Pour un Göteborg olympien, ce soir on ne lâche rien ». Non seulement c’est ce qu’ils ont fait derrière à l’image d’un Meïté particulièrement combatif, mais ils ont continué à attaquer alors qu’à la pause ils menaient 1-0. Le gardien de « Châteauneuf » ou « nioucastèle », comme on dit sur la Canebière, n’a jamais été en paix, devant plusieurs fois monter au créneau sur des raids de Marlet ou des contre-attaques orchestrées par Meriem. Ce dernier avait fait la passe décisive amenant le premier but de Drogba, puissance physique et fantaisie technique mêlés. C’est d’un corner donné par Battles, entré peu avant, que viendra, à quatre minutes de la fin de cette demi-finale, le but libérateur. Exploitant au mieux une grossière erreur de marquage de la défense anglaise sur sa personne le « meilleur joueur de L1 » mis, d’un tir éclair, la balle au fond, de manière imparable. Chapeau a celui qui, quelques secondes plus tard et juste avant sa sortie triomphale, faillit même réussir, comme face au Partizan Belgrade l’automne dernier, le coup du chapeau en butant sur le gardien de Newcastle après avoir brûlé la politesse à quatre défenseurs anglais !
La victoire de l’OM est d’autant plus remarquable que les Anglais sont restés en permanence sur la brèche, offrant à plusieurs reprises à Barthez l’occasion de montrer des talents de voltigeur aérien, et se montrant même particulièrement agressifs, tel Bowyer dont le tacle féroce sur N’Diaye en seconde période aurait mérité plus qu’un carton jaune. Avec la tête de celui qui verrait le carrosse de la reine se transformer en citrouille, sir Robson restant néanmoins très fair-play, estimait, en résumé, que c’était en fait à l’aller en concédant le nul (0-0) que ses hommes avaient égaré leur ticket pour la Suède.
- Philippe Jérôme, L’Humanité
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