OM - PSG / 1993
OM Vidéo : Reportage OM-PSG 3-1, Championnat de France 1992/1993.
- A Marseille, ils sont tous foot, maintenant ! par Laurent Chasteaux, L’Humanité du 31 mai 1993.
Malgré trois jours de fête et autant de nuits blanches, l’OM a mis une touche finale samedi à une semaine historique, après le trophée européen, en devenant champion de France pour la cinquième fois consécutive face au Paris-S-G (3-1). La scène se passe dans les rues d’Aubagne au petit matin, vendredi. Didier Deschamps et Bernard Casoni, après une nouvelle nuit sans sommeil, ne tiennent plus en place : ils partent chercher leurs croissants habituels à la boulangerie du Pin-Vert, avec la Coupe d’Europe sous le bras. Embouteillage monstre. Klaxons et écharpes déployées. La fête repart là où on ne l’attend pas. « Que l’instant dure le plus longtemps possible », ne cesse de clamer le capitaine de l’OM.
Samedi, 18h30. Les Olympiens grimpent à nouveau les marches de l’escalier souterrain qui mène à la pelouse, telle une bouche grande ouverte. Un par un, les joueurs saluent leur public. Eric Di Meco a encore les yeux gonflés (« Depuis mercredi, j’ai la larme à l’oeil pour un oui, pour un non », dit-il). Du virage nord monte une clameur particulière, un hommage spécifique pour Di Meco le minot qui faisait déjà partie de l’OM 1980, descendu de division 2, et menacé alors de disparition. Jeudi soir, lors de la présentation de la Coupe d’Europe au Stade-Vélodrome, il a sangloté au micro cette phrase : « J’étais comme vous, j’ai gagné la Coupe, mais croyez-moi je ne vais pas changer. »
18h45. Bruno Germain, Laurent Fournier et Alain Roche, anciens joueurs de l’OM, se détachent du groupe parisien venu sur la pelouse en reconnaissance. Ils veulent savoir. Les images qu’ils ont vues à la télé ne leur suffisent pas. Jacques Bailly, le kiné phocéen, raconte devant un trio attentif la plus belle histoire de l’année. Celle que tout footballeur rêve de connaître un jour.
Dans les gradins, les slogans atteignent maintenant la démesure. Les ultras ont noyé le virage sud sous des drapeaux bleus, blancs et rouges. Même la tribune Ganay, réputée très sage, affiche en sept lettres géantes : « Vaincre ». Un porte-parole des supporters « réunis » (ultras, yankees, dodgers, winners, fanatics) s’adressent à la foule : « 29 mai 1991, Bari et les larmes de Boli. 29 mai 1993, Paris et Marseille en folie. » Le Stade-Vélodrome chavire comme rarement. Maintenant, il est bleu, tapissé d’écharpes brandies à bout de bras quand la voix de Freddie Mercury martèle le désormais classique « We are the champions », qui fait un tabac dans les magasins de disques du centre-ville.
20h37. Les jambes des joueurs de l’OM paraissent lourdes. « Ils ne sont pas frais, disait Goethals, mais ils pourront jouer à l’enthousiasme. » Il en faut, quand la tête bourdonne encore d’une fête ininterrompue depuis mercredi soir, à 22 h 7 précises. Le PSG en profite pour marquer, après un tir de Weah renvoyé par le poteau et une reprise victorieuse de Guérin. Il manque une bonne seconde aux défenseurs de l’OM à chaque démarrage. Et puis, de nouveau, l’euphorie s’empare des Olympiens. Sans prévenir. Rudi Völler d’abord (16e), d’un tir à ras de terre.
26 Mai 1993 : télécharger l’écran de veille (screensaver audio), Marseille Champion d’Europe
Les Choristes de l’Olympique de Marseille chantent « Paris-Marseille ». Plusieurs générations d’Olympiens réunis, grâce à Boeuf Mode, mélomane averti, et à la production de Dégun Fake Music (Mix & Animation by Xxc)
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